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Synopsis : À bord du navire qui l'emmène vers l'Angleterre, Pocahontas ne se doute pas des aventures qui l'attendent. Escortee par le gentleman John Rolfe, son immense garde du corps Uti et trois petits passagers clandestins, Meeko, Percy et Flit, Pocahontas se lance dans une importante mission de paix.

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Cet article aurait pu rejoindre la série des POST-TRAUMAS, néanmoins j’ai choisi de laisser mon animosité et mon venin à ma publication de cet été dédiée à mes réviviscences traumatiques quant aux mal-aimés suites des classiques d’animation Disney. C’est avec un entrain insoupçonné et soudain que mes tympans se sont de nouveau aventurés sur les contrées mélodiques de la suite du splendide Pocahontas - l'un de mes classiques Disney favoris derrière La Princesse et la Grenouille -, figure de proue parmi d’autres illustrations du génie Disney durant les années 90, suivi de près par un Aladdin ou encore La Belle et la Bête. Sorti en 1998, la suite « direct-to-video » du 33ème dit « classique d’animation » du studio aux grandes oreilles mettant en scène l’histoire véridique de l’indienne de légende a rapidement déboulé sur le marché de la vidéo, dont le bal fut ouvert par le lucratif (Le) Retour de Jafar en 1994 : de quoi offrir à Mickey – une fois n’est pas coutume – un bain dans une mare de billets verts. Pocahontas 2 : Un monde nouveau ne défraie pas la chronique de ses confrères cupides et déçoit sans surprises, et ce principalement à cause d’une évidente négligence graphique sur laquelle il est difficile de fermer les yeux.

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Avant un second visionnage préadolescent, je gardais de cette suite le vague souvenir d’un dessin animé dégainé chez ma grand-mère par des adultes avides d’une accalmie générale, affaiblis par une succession d’attentats à leur patience essoufflée : « Tu contempleras la mise à mort graphique d’un classique Disney, mon enfant ! » ; le tout accompagné d’une crispation frustrée quant au troque du sex-appeal d’un John contre un autre par une Pocahontas congédiée par mon enfantine incompréhension face à ce soap-opera du conte de fée. Prétendant à faire de ce long-métrage autre chose que l’ex-instrument de la quête d’un calme enfantin, à l’instar d’un (Le) Bossu de Notre-Dame 2 : Le Secret de Quasimodo – puisque : « pourquoi appeler Super Nanny au secours quand nous possédons les images archivées de massacres répétés d’œuvres antérieures, pièces maitresses du cinéma d’animation ? » ; ainsi, j’ai une première fois été curieux de redécouvrir Pocahontas 2 : Un monde nouveau sous le prisme d’un enthousiasme étonnant ; avant de le visionner de nouveau, des années plus tard, au grand dam de ma rétine.

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Pocahontas 2 : Un monde nouveau plante alors un décor où « Walt Disney Home Video Presents » substitue au mythique « Walt Disney Pictures Presents » dupant d’abord un spectateur temporairement rassuré devant l’attendrissante niaiserie d’une Pocahontas charmante foulant la neige d’une Amérique hivernale, entonnant l’une des meilleures chansons du film, l’intitulée Au seuil de mon avenir ; reprise plus tard, pendant les prémices du final de cet épisode londonien, lors d’une séquence qui aurait pu se distinguer de par sa poésie si le spectateur n’avait pas déjà succombé au dépit suscité par la médiocrité du second volet de Pocahontas.

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Outre l’absence de surprise face aux faiblesses d’une production n’étant que le fragment de l’exploitation d’un bétail à but avant tout lucratif, Pocahontas 2 : Un monde nouveau arbore toutefois des qualités certaines : ses peu nombreuses chansons sont tantôt jolies, entraînantes ou amusantes, le métrage ne souffre pas de réelles longueurs et surtout, sa peinture d’une intrigue mettant en exergue une Pocahontas transgressive affrontant une Angleterre soucieuse du respect de conventions et valeurs souvent arbitraires et discriminantes est réellement bien menée, notamment par le biais d’une écriture décente. Cependant, l’échafaudage de l’idylle entre Pocahontas et John Rolfe est plus qu’approximatif et s’interrompt à l’aube de l’esquisse tant sa trame évolutive est vraisemblablement presqu’inexistante, comme si les deux tourtereaux étaient voués à s’aimer par évidence scénaristique : « love at first sight ». En effet, aucune scène ne semble expliciter les tableaux de quelconques enjeux émotifs quant à un amour croissant, chez l’un comme chez l’autre.

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Malgré ses qualités défendables, notamment par ailleurs, l’humour servi par l’indéboulonnable trio Meeko/Flit/ Percy et le nouveau venu Uti, compensant le potentiel comique sous-exploité du choc des cultures envisagé par l’arrivée de Pocahontas au pays de Shakespeare : l’ultime talon d’Achille de Pocahontas 2 : Un monde nouveau reste sa pénurie graphique délaissant le charme fou des personnages du chef-d’œuvre de 1995, les disproportionnant parfois – de quoi faire sangloter Glen Keane – et leur donnant vie à travers une animation raide, statique et saccadée contrastant au cœur de décors plutôt réussis, où les protagonistes - parfois littéralement immobiles - ressemblent sur certains plans à des figurines en plastique échappées de la grande époque des jouets McDonald’s, le tout peu aidé par la présence de couleurs criardes à souhait.

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Lewis