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"Au moment où je pianote sur mon iPhone alias le gadget vendu comme « indispensable » de notre cher et tendre 21ème, nous sommes le mardi 3 octobre 2017, je suis blotti dans un coin d’un TER SNCF à destination de Valenciennes, et je suis furieux.

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Enragé comme Angot samedi soir, qui ne cesse désormais de faire les choux gras des internautes et médias racoleurs à gogo. Je n’ai pas lu un seul livre de la dame, je la connais comme ce personnage télévisuel sanguin, véritable bombe à retardement d’une cascade de cris d’alarme où la violence de la forme suscite la rétraction des auditeurs, là où le fond lui, fait parfois émerger des vérités. Je vois défiler la colère d’Angot face à Sandrine Rousseau, les crocs acérés, les muscles tendus, ce visage anguleux aux yeux de biche enflammés par l’instinct de survie, la chorégraphie brutale des mains accompagnant la voix qui se meurt dans l’affront, ne peuvent m’empêcher de m’imaginer à mon tour indigné, m’époumonant de fureur. « Je suis une personne ! » scandait Angot à Rousseau, en larmes. Moi aussi ! Les motifs de ma colère sont autres, mais j’ai tout autant envie d’hurler ma légitimité quant au droit à l’humanité, dans toute sa diversité, sa souplesse, sa mutation, dans tout ce que la société lui retire à petit feu : cette transgression propre. Nous ne sommes pas des cases, nous ne sommes pas des archétypes, nous sommes la mouvance du vécu. Et cette fichue responsabilité que l’on veut m’imposer, incarnant une figure de proue de mes semblables, homosexuels, cette propension à me canaliser pour ne pas me retirer les droits que tant s’accordent à vouloir m’arracher. Dans la flopée d’interviews visionnées sur l’autel du temple de la toile - « YouTube » - de la papesse des opprimés Amandine Gay, il y en a une, où elle énonce une vérité, celle qui met le doigt sur les conséquences psychologiques de l’oppression. Et bien oui ! J’en incarne un exemple ! Sous antidépresseurs depuis deux mois pour réduire un flux terrassants de pensées obsédantes qui manquent parfois de me faire passer à l’action, devenant ainsi mon propre oppresseur. Pour lutter contre cette sensation de se sentir en danger dans son propre corps, de ne pas avoir un plein contrôle sur soi, de vivre dans un qui-vive. Et ces gens invivables : « Tu devrais être plus détendu des fois, hein !!! » scande le moniteur d’auto-école assassin. Et cette remarque dans le cahier de l’élève modèle, apprenti automobiliste : « pression, société » comme facteurs anxiogènes, freinant - « c’est le cas de le dire ! » - la progression du futur conducteur. On fait comment ?! « ON SE DÉBROUILLE !!! » scandait Angot samedi soir. Mais est-ce si aisé de se débrouiller ? Est-ce si aisé de vivre avec une épée de Damoclès au dessus de ma coupe Jackson 5 - « Y’a Jackson 5 devant, on voit rien ! » lançait une femme au cinéma derrière moi -, pour vivre chaque jour dans l’anticipation de la remarque, des mots qui tuent : « Ah tu aimes Britney Spears ? LE CLICHÉ DU GAY ! ». « Je suis une PERSONNE ! » !!! Et oui cette personne raffole de tout ce qui « fait gay », ainsi les gens s’exclament : « Ah il est gay, lui ! » ; « Ah il est gay, lui ! » ; « Ah il est gay, lui ! »... Oh et je pourrais continuer des lignes entières. Mais ma colère esquisse un détachement, qui est une quête quotidienne, viendra ce jour où j’aurai réussi - POUR DE BON - à m’affranchir de la bêtise sociétale qui est ABYSSALE. Et où je pourrai dire à l’abruti qui m’attache un carcan au cou, en me disant que j’écoute Madonna parce que je bande devant François Sagat : « JE-SUIS-UNE-(PUTAIN DE)-PERSONNE ». « C’est ce que je voulais dire. », Angot.

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Bonne journée. « Bonne journée ? ». Je sais pas."

 

Lewis