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Synopsis : Monitrice dans une colonie de vacances, Barbie trouve Shelly incapable de trouver le sommeil, persuadée qu'elle sera incapable d'avoir un bon résultat à la course qu'elle doit disputer le lendemain. Barbie décide de lui raconter l'histoire d'une jeune fille qui manquait cruellement de confiance alors qu'elle était destinée à accomplir de grandes choses. Odette est la fille d’un boulanger. Un jour, elle suit une licorne nommée Lila, venue imprudemment s'aventurer dans le village, jusqu'à la forêt enchantée où elle apprend qu'elle a le pouvoir de libérer tous les habitants du joug du cruel, puissant et méchant sorcier Rothbart. Mais le méchant sorcier Rothbart la trouve et la transforme en un cygne blanc. Elle peut cependant reprendre apparence humaine du coucher au lever du soleil et c'est ainsi que le prince Daniel, venu chasser à la tombée du jour, tombe amoureux d'Odette. Il fait le vœu de la libérer de sa malédiction et l'invite au bal donné en son honneur. Mais le méchant sorcier Rothbart a ses propres projets et, avec l'aide de sa fille Odile, compte bien tromper le prince Daniel.

Si vous êtes nés à la fin des années 90 à l’aube du troisième millénaire et qu’ainsi, vous avez grandi au cours des années 2000 : votre enfance n’a probablement pas échappé au lancement du cyclone rose hissant une énième fois la poupée la plus célèbre du globe, ennemie publique n°1 de nombreuses bambines : faites exploser Aqua, « I’m a Barbie girl – in a Barbie wo-o-o-rd ». En effet, après de brèves adaptations dans les années 80, c’est dès les années 2000 que l’ultime égérie Mattel, véritable apologie et caricature des stéréotypes féminins a fait l’objet d’une série de films d’animations destinés au marché de la vidéo puis bien sûr à la diffusion télévisuelle, une stratégie marketing ingénieuse en somme, où Barbie incarnait une suite de personnages empruntés à l’imaginaire collectif, de l’héroïne du Casse-noisette de Tchaïkovski aux trois mousquetaires en passant par une autre œuvre empruntée à la culture russe et à son compositeur de légende : Le Lac des cygnes, le tout pendant que l’on s’arrachait des poupées dérivées.

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En 2003, la blonde parmi les blondes chaussait les ballerines d’Odette dans Barbie et le Lac des Cygnes, un bug s’étant offert une place de choix dans le paysage de mon enfance. Aperçu lors de sa diffusion sur M6 il y a quatorze ans – « la vache ! » - ce film avait su faire pétiller mes pupilles pendant quatre-vingt minutes, mais comme scanderaient Krys et ce slogan dont ils raffolent, « c’était avant », et l’indulgence enfantine fane…

Barbie

Mattel Entertainment gît sur l’écran, épaulé par la silhouette blanchâtre d’une Barbie danseuse puis surgit la même bimbo, cette fois dans la tenue moderne d’une monitrice de colonie de vacances, on croît s’être égaré chez les Sims alors que nous avons bel et bien atterri dans l’antre du gourou encensant le fuchsia. Puis surgit cette môme à qui la poupée multitâches s’apprête à conter l’intrigue-star, l’enfant est effrayante à souhait incarnant l’aube d’une série de tableaux suscitant la peur là où ils devraient attendrir – les graphismes font froid dans le dos. Dans cet agglomérat de guimauve où les personnages sembleraient avoir été modelés dans une pâte suintante, la musique de Tchaïkovski nous sauve, bien que ce dernier se retourne dans sa tombe.

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Les rênes prises par les griffes de marionnettistes avidement affamés de billets verts et de zéros à gogo, Barbie et le Lac des cygnes fait le job, conforme au cahier des charges du géant rose assoiffé de billets verts, tout y passe : les personnages font l’inventaire des stéréotypes du film dit « pour enfants » à la sauce « n’est pas Disney qui veut », des animaux parlants pour débiter leurs vannes vaseuses, à la fée – et cruche – au grand cœur en passant par le méchant manichéen et son effroyable fille dont le rire hantera vos nuits. Le rythme quant à lui s’échappe de longueurs assommantes qui nous piégeraient devant ces gamines qu’on croirait sorties d’Annabelle ou Chucky ; et à l’instar d’une mauvaise barba-à-papa lilloise que l’enthousiasme sauverait de l’indigestion, seul l’engouement nostalgique incite à poursuivre : autrement, on suffoque à chercher la sortie de ce labyrinthe aux couleurs épileptiques où les enfants font peur et où le regard d’une Barbie plus tarte que jamais semble dangereux. Tout cela pour nous vendre des poupées.

Lewis

PS :

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Bonne soirée.