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« J’entends venir le courroux du thym ! », pour qu’une phrase théâtrale à souhait comme celle-ci émerge à mon cerveau fatigué par le post-réveil, seul le retour d’Amélie Nothomb peut expliquer cela. Il est probable que je m’imprègne, en guise de bande-annonce, de l’esprit de cette mère de famille nombreuse. Frappe-toi le cœur m’attend à mon chevet, néanmoins sa lecture ne sera envisageable qu’après l’achèvement de la somme universitaire a.k.a. où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès. Ravivé par le thym, je m’adonne à mettre en mots un remède aux maux : ce à quoi, en vérité, je songe depuis quelques temps. Tout a démarré en juin dernier, où, désespérément avide d’un breuvage incandescent de purgation, je plongeais dans une énième tentative. Avec près d’une dizaine de thérapeutes derrière moi, moins de la moitié à mon actif, une série de luttes exténuantes : entre dépressions, phobies, tocs, stress ainsi qu’anxiété au stade de prétendre aux JO dans le domaine et j’en passe et des meilleurs. J’ai tenté la méditation, la sophrologie, l’EFT…

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*péter les plombs*

Je m’apprêtais à écrire « en vain », mais à vrai dire, cela serait mensonger. Ces techniques d’apaisement ne furent pas foncièrement inutiles, en revanche leur effet tombait le plus souvent dans le furtif. Et sans réellement pouvoir l’expliquer, et ce même trois mois après, juin m’a frappé de l’éclair salvateur d’une nouvelle tentative : l’idée de m’initier au yoga m’a comme frappé en pleine figure, parce que « je n’avais rien à perdre ». Effectivement, je n’avais qu’à gagner. Quand bien même l’effet se serait avéré furtif, il aurait tout de même été présent, ce qui n’est guère négligeable quand notre cou se pavane une riche collection de carcans. La première séance, improvisée dans ma chambre, mon antre, sur ma moquette irréversiblement tâchée de peinture, m’a semblé relever du miracle. En vingt minutes, j’avais éliminé tout surplus d’angoisse, et si tension il y avait, celle-ci était minime à un point tel qu’une cure n’était plus envisageable. Cette expérience ne tarda pas à me faire halluciner tant elle oscillait avec l’arrivée christique de l’inespéré. Au point que rapidement, une peur que le remède s’amenuise fut naissante : le comble. Quoiqu’il en soit, je poursuivis l’initiation, toujours sur le ton de l’improvisation, reculant ma table basse, mon siège de bureau et autres fioritures, puis en travestissant le matelas de mon lit en tapis. Les premiers jours, je m’étais imposé un rythme quotidien, à raison d’une séance quotidienne, ce qui se solda rapidement d’un changement de programme brutal : je choisis d’aller au gré de mes envies. De pratiquer la technique quand l’aspiration m’en prendrait tout simplement. Durant les deux premiers mois, la régularité des sessions était plutôt aléatoire, mes professeures, accaparées par l’écran de mon ordinateur, véritables pantins de la toile, s’adonnaient à leur enseignement aux rendez-vous que fixaient mes improvisations. À force de pratique, je me découvrais un goût croissant pour la technique, d’autant plus que son exercice n’était progressivement plus le fruit d’une rigueur assassine, d’une propension à s’imposer cette tyrannie que nous nous administrons parfois bien mieux que nos semblables. « L’enfer c’est les autres » - et nous-mêmes aussi, de temps à autre. Le yoga m’apprend – j’allais en parler au passé, mais cela est bel et bien toujours d’actualité – le non-jugement, l’acceptation de ses capacités, de ses limites, sans faire son procès (matière où j’aurais pu, il fut un temps, réellement prétendre au prix Nobel).

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Des mains de Bridget Jones : le trophée du masochiste.

Le yoga enseigne à respecter son corps, à bien le traiter, lui procurer des sensations agréables appuyant l’évidence de l’immense cadeau qu’il incarne. À l’heure où nous sommes assaillis par une avalanche tout à fait terrassante de dictas, aussi absurdes que présents, le yoga a fait ressusciter chez moi la possibilité suivante : que le corps ne soit plus carcéral, mais qu’il puisse être le temple de son culte, sans dégringoler dans le narcissisme nauséabond, mais simplement en se respectant. Une bonne fois pour toutes. En traitant aimablement son corps, renaît une estime vis-à-vis de soi. En acceptant les limites de ce dernier, émerge ce même constat : l’auto-estime. L’acceptation de soi, de ses limites, de son mérite. Comme tant d’autres, j’avais en tête, avant d’entamer une vraie découverte du yoga, une caricature digne de celle de Natoo dans la vidéo désopilante qui y est dédiée. Seulement, même avec tout le potentiel comique qui y regorge, tant la caricature a ce pouvoir tel qu’elle parodierait un « caillou avec perruque » pour reprendre l’expression de Julia Roberts dans mon film préféré - Un été à Osage County – m’a permis, me permet, de poursuivre ma route épaulé par le refuge solide qu’il campe.

Foncez ! Vous ne souhaitez pas traîner des pieds jusqu’en club ? Optez pour YouTube qui est une mine d’or en la matière ! Improvisez chez vous, le yoga en vaut la peine !

En bonus : échantillon…

* Mes premières séances :

 

 

 

* Quelques sessions de la chaînes Yoga Fire, que je recommande vivement :

 

 

 

 

 

 

Lewis