bannière

[...] La première moitié de l'article, c'est en dessous, en cliquant sur Michelle :

michelle-pfeiffer

J’ai fait mon coming-out à l’âge seize ans, et je n’étais pas préparé au déluge de stéréotypes dont on allait m’affubler, et cette satanée croyance, rarement dite en ces termes, mais souvent synonyme de manière sous-jacente : « tu es gay, donc, tu es une femme dans un corps d’homme ». Pourtant, j’ai grandi en entendant à droite, à gauche, que j’étais bien trop « féminin » en tant que garçon, et qu’il fallait que je me conforme à tous les critères que la société assigne à mon sexe. Mais c’était peut-être une lueur d’espoir inconsciente qui me faisait fermer les yeux sur la réalité à venir. Puisque tant de choses pour mon entourage, rimait avec mon homosexualité : la musique que j’écoutais, mes goûts filmiques et j’en passe et des meilleures. Au point qu’il y eut une période, où j’ai plongé dans la caricature pour y trouver un certain confort, éphémère.

giphy2

Quand vous vivez entouré de personnes qui mettent tout – ou presque – sur le compte de votre sexualité, il y a un moment, où vous faiblissez, où c’est trop pour vos épaules et où vous devenez ce que la société attend de vous. Et ce « confort » fut de courte durée, car même si selon certains nos goûts innés seraient indices de notre sexualité et nous feraient correspondre à l’archétype d’un stéréotype, nous n’en sommes pas un, je n’en étais, je n’en suis pas un : je suis simplement moi ! Nous sommes bien trop riches en tant qu’êtres humains, bien trop profonds, pour être cantonnés à une étiquette sans perspective. Ainsi, j’ai rapidement renoncé à mon costume d’ « homosexuel type » pour être peu à peu, plus fidèle à moi-même. Bien que certains trouv(ai)ent toujours à dire que je campe un cliché de par mes goûts et centres d’intérêts, mes attitudes, manières ou même ma voix – cliché qui d’ailleurs a été démenti (cf Do I Sound Gay ? de David Thorpe que je recommande vivement).

tumblr_n2wegrMlp71tuvbmzo7_250

tumblr_n1tsmuMHi51s2wio8o1_500 

original

*Quand j'ai quitté le déni pour retomber dans la réalité*

Mais qu’est-ce que c’est être un « homosexuel type » ? Il semblerait que pour beaucoup, ce soit camper le cliché de la femme dans un corps d’homme… mais qu’y-a-il de péjoratif ? Risible ? Dégradant ? Dans le fait de rappeler le sexe opposé ? Est-ce un problème de ressembler à une femme ? Voilà, encore, quelque chose qui me laisse à penser que le fait de pointer du doigt les homosexuels qui « renvoient à ce cliché » et qui sont donc dit « féminins », est un problème, misogyne. Comme l’entonnait si bien Madonna dans What It Feels Like for a Girl. Alors, vous allez me dire : « mais tu te contredis, tu es paradoxal, d’un côté tu te plains d’être rattaché à ce cliché, et d’un autre tu le défends ! », c’est plus complexe que cela ! Je considère qu’il n’y a pas de mal à être « féminin » - je mets des guillemets depuis toute à l’heure pour renvoyer au fait que le genre est une construction de la société, et qu’il englobe des critères définis et instaurés – et c’est pour cela que je n’entre pas dans l’extrême de certains, qui en viennent à boycotter les « gays féminins ». En effet, je suis particulièrement attristé, choqué, et en colère, quand je vois cette « méta-discrimination » présente dans la communauté gay, comme on peut la voir violemment sur les applications de rencontres par exemple, à coups de : « #pasdemecsefféminés ; #vraimec ; etc. ».

sjp-what

Mais qui sont ceux qui pensent avoir le pouvoir de retirer la légitimité du sexe des gens ? De quel droit pouvons-nous nous croire capables de retirer aux autres cette légitimité ? Je suis un homosexuel que beaucoup de gens aiment affubler de « féminin ». Qu’est-ce qui me dérange dans le fait d’être taxé de « cliché du gay » et tout le tintouin ? Comme une amère sensation d’être dépossédé du droit d’être moi-même, d’être jugé pour ce que je suis. Aujourd’hui, je ne crois plus que ma fameuse « féminité » soit indice de mon homosexualité. J’en suis même venu à croire que tout cela n’est que le résultat d’un transfert cafouilleux de clichés. Comme si, en se basant sur les stéréotypes assignés à la femme hétérosexuelle : l’homme homosexuel de par son attraction pour les hommes, rappellerait quelque chose de l’hétérosexualité chez la femme, et j’ai l’impression, que de ce fait, on lui assignerait tous les paradigmes attribués à la femme hétérosexuelle, souvent caricaturaux mais ô combien répandus : du goût pour le shopping en passant par celui pour la mode pour ne citer qu’eux. Et ça peut sembler tirer par les cheveux, mais j’invoque à nouveau L’internaute pour lui demander la définition du terme « homosexuel » :

« Qualifie une personne qui éprouve de l'attirance sexuelle pour les hommes du même sexe. »

[…]

Où est-il écrit qu’il s’agit d’une femme dans un corps d’homme ? Nulle part ! Et à ceux qui continueraient de penser ainsi, j’en suis à ce point de ma réflexion sur le sujet également : je crois qu’en partant de l’idée que le genre est une construction, il est difficilement plausible qu’il soit l’indice de quelque chose de naturel – à savoir la sexualité. Dans mon utopique fantasme d’un monde parfait, j’aimerais que les hommes dit « féminins » n’aient plus à prouver la légitimité de ce qu’ils ont entre les jambes. J’aimerais qu’on cesse de parler de « vrais mecs », d’autant plus que ce postulat s’appuie sur des critères arbitraires et en mouvance pour décider de la validité d’être un homme, un « vrai », ou non, dans cette société. Ces gens-là oublient le temps des Lumières par exemple, où les hommes de la haute bourgeoisie étaient perruqués et maquillés. J’en suis à quatre pages sur Word et il y aura peut-être un 2.0… En attendant oui, je suis plus Carrie Bradshaw que Schwarzy, je kiffe Madonna et Mariah Carey, raffole d’Hollywood et son monde de paillettes… et je vous emmerde.

giphy4 

PS : Rien à voir, mais j’en profite pour dire que je ne posterai plus que – en termes de réseaux sociaux – sur Instagram, je suis un tantinet allergique à Twitter, et suis en overdose sur le plan de Facebook. Cependant je ne ferme pas mes comptes respectifs sur ces networks – parce qu’on ne sait jamais…!

 

 

 

Lewis