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Synopsis : Fin du 18ème siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d'amour pour elle, mais victime d'une terrible malédiction.

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« Il était une fois, dans une luxuriante contrée baptisée Hollywood, la fée Remake et sa consœur allongeuse de sagas (…) elles jetèrent un mauvais sort à ses habitants, les plongeant dans une propension spectaculaire à réchauffer de l’ancien, entraînant leur public dans une aliénation approbative suspecte (…) Le remède à cette malédiction ? Le retour de la fée Créativité – qui se fait bien discrète ces temps-ci. »

*scénario en chantier (et ce n’est pas celui d’un remake !)

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La Belle et la Bête (1991)

Sept ans après l’Alice au pays des merveilles de Tim Burton, premier né d’une série qui s’annonce de mois en mois plus longue : à savoir la nouvelle lubie des studios aux grandes oreilles, consistant à adapter leurs classiques animés en films live ; également à l’heure du retour de King Kong et des maîtres Jedi, plongeant le tout Hollywood dans une frénésie du recyclage, voici (re)venu : La Belle et la Bête – « C’est la fête ! ». En 2014, nous avions eu droit à l’ambitieux Maléfique, bénéficiant d’une belle exposition publicitaire grâce à un atout marketing de taille : le casting d’Angelina Jolie dans le rôle-titre. Les critiques, avaient pointé du doigt le débordement de niaiserie coutumier de la maison qui contrastait avec le propos initial du projet, qui lui annonçait davantage de maturité – « innovant pour du Disney ! » : bref, Mickey avait encore eu les yeux plus gros que le ventre avant d’avaler son fromage. Puis ont succédé à la fée cornée : une Cendrillon campée par Lily James, rescapée de Downton Abbey, le retour de Mowgli dans Le livre de la jungle, entouré par un casting digne du red carpet des Golden Globes mais caché sous la motion-capture, et enfin, le retour de La Belle et la Bête, près de vingt-cinq ans après son film animé de référence.

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 En haut, de gauche à droite : Maléfique, CendrillonAlice au pays des merveilles / En bas : Le livre de la jungle (à gauche) La Belle et la Bête (à droite)

Brillant de la présence attrayante d’Emma Watson en tête d’affiche a.k.a. la figure de proue de toute une génération de sorciers en rêve, La Belle et la Bête, version 2017 et live-action ne pouvait certainement pas passer inaperçu. D’autant plus que le film arbore également un casting grandiloquent – lui aussi, en majorité planqué sous la motion capture – Emma Watson certes, mais l’on compte aussi : Dan Stevens, Luke Evans Kevin Kline, Josh Gad, Ewan McGregor, Ian McKellen, Emma Thompson, ou encore Stanley Tucci pour ne citer qu’eux. Précédant entres autres, les live-action de Mulan, Le Roi Lion ou encore La Petite Sirène, La Belle et la Bête a-t-il, réellement, quelque chose à apporter, outre une piqure de nostalgie pendant deux heures ?

Hier soir, cinéma UGC, Villeneuve-d'Ascq, je m’apprête à aller voir la dernière production « made in Disney » affriolante à souhait et au budget exorbitant. J’attends l’amie à qui j’offre cette piqure de nostalgie en guise de cadeau d’anniversaire. Il est passé vingt heures. On entre : le cinéma est bondé et l’étage arbore fièrement une réplique de la rose envitrinée du film de 1991.

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Salle 10, raz-de-marée de couples, familles, enfants qui piaillent et autres apparitions dignes du carnaval. Le film commence, les premières publications Instagram se repèrent dans une discrétion olympienne. Je contiens mes punchlines de langue de vipère, dans les starting-blocks depuis le quart d’heure de bandes-annonces et publicités superflues nous inventant des besoins. Première surprise : exit au prologue sur vitraux du dessin animé de 1991 pour une mise en scène façon Broadway - puisque ce remake puise également dans l'adaptation scénique du classique de 91 - qui suivra le film dans tous ses numéros musicaux jusqu'à la fin du premier quart de métrage. Mon amie compare les danseuses vêtues de blanc à des oies : je m’époumone de rire.

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Puis arrive l’incontournable ouverture sur Belle, Emma Watson s’amuse comme une enfant dans son déguisement ; hélas, le film est en VF et l’adaptation des chansons est certes, nettement supérieure à celle du remake d’Annie de 2014 avec Cameron Diaz et Jamie Foxx par exemple, néanmoins je persiste à me dire : « je le reverrai en VO ». Durant ce premier acte musical, la sauce Broadway se fait à nouveau sentir ! Notamment dans la disposition du décor, qui semble assez restreinte et donne l’impression que l’action a lieu sur les planches. Intérieurement, je suis tiraillé entre un retour en enfance qui m’amènerait presque des étoiles dans les yeux, et la sensation que Disney se moque de moi.

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Emma Watson en plein tournage, dirigée par Bill Condon.

Le film, hormis quelques questions élucidées, ruminées depuis 91, est une quasi-duplication du long-métrage d’animation de référence. Ce qui dans un premier temps m’a peu captivé, au point que je trouve au premier quart de film une réelle lenteur dans le rythme. Car oui, les décors sont somptueux, splendides même, la 3D des objets animés est exemplaire ; sauf peut-être, celle de la Bête – on peine à croire à sa présence réelle à l’écran, surtout quand elle se pointe aux côtés de l’interprète d’Hermione Granger. Le film ne propose pratiquement rien de neuf, outre quelques aménagements dans la mise en scène et des chansons inédites, La Belle et la Bête plonge dans le recyclage malgré une qualité technique indéniable !

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Pour ma part, il m’a fallu attendre C’est la fête, pour me prêter au jeu dont le film posait des règles bien trop familières. Parce que justement pour moi, ça n’était pas tout à fait la fête, avant ce numéro musical fabuleusement beau. Et qui m’a littéralement scotché pendant tout son déroulement : de quoi donner une seconde chance au film de me conquérir. À partir de là, j’ai réussi à y entrer, mais pour une raison qui lui livre toujours peu d’éloges : à chaque fois que ce dernier m’embarquait, c’est parce qu’il arrivait, fidèlement, à me faire revivre ce qui m’avait séduit dans le film d’origine de 91, figurant de loin parmi mes dessins animés Disney préférés. Comme devant le dessin animé de référence, j’ai eu les frissons pendant Tuons la bête, en revanche, pas pendant la transformation finale de la Bête, qui manque toujours de m’arracher une larme quand elle est dessinée.

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Finalement, je suis tenté de croire que ce remake de La Belle et la Bête est à envisager comme un fervent hommage au film de référence, mais aussi à la recette Disney, qui a fait rêver des millions et des millions d’enfants à travers le globe, que ce soit dans nos bonnes vieilles années 90 ou bien avant encore. Alors avidité pathologique de la part d’un Mickey qu’il faudrait faire passer sur le divan ou autoréflexion ? Les studios Disney seraient-ils eux-mêmes nostalgiques de leur gloire d’antan au point d’y replonger tête la première, à l’heure où leur cahier des charges cherchent à faire rêver des enfants qui tweetent ?

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La Belle et la Bête (1991)

Oui, ce remake de La Belle et la Bête fait un brin penser à l’artiste qui n’est pas maître, mais qui se pointe au Louvres, sa toile à la main, pour tenter de reproduire au mieux un tableau Renaissance. Cependant, il y est palpable un réel amour pour la maison Disney et le film de 91, aussi bien quant au Bill Condon qui orchestre le tout derrière sa caméra, ou aux acteurs qui s’amusent comme des mômes dans une cour de récré – mention à Luke Evans qui en plus d’être canon en Gaston, s’éclate !

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Bref, à visionner si vous voulez voir des vedettes nostalgiques enfiler les déguisements de leur dessin animé préféré pour le rejouer, et si comme eux vous souhaitez replonger en enfance, l’espace de deux belles heures.

Comme des enfants.

 

 

 

Lewis